Déraillement d’Eséka – L’heure des procès

Déraillement d’Eséka – L’heure des procès

Les accusés passent devant la barre au Tribunal de première instance d’Eséka. Lors de l’ouverture du procès mercredi, les responsables de Camrail ont plaidé non coupables.

 

Mercredi 8 novembre 2017, au tribunal d’Eséka, une seule affaire était inscrite au rôle de l’audience correctionnelle : ministère public et ayants droit (A/D) Kenfack Lekomo et autres A/D des victimes décédées plus Bibibi Ndzomo

Rosalie et autres victimes contre Vandenbon Didier Germain, Timbou Pierre, Nlend Carice W, Gaïbaï Dieudonné, Nyake Makake A, Biwole Nkol Stéphane, Koumfieg Tchoumba, Tekou Mukam, Yedna Mathias ; Ndzana Jean Ottou, Ateba Akaa Emile, Dika Woudou G, Ngnin Essoh, Fru Valatine Awah, la société Camrail.

Ils sont accusés des infractions suivantes : activités dangereuses, homicide involontaire et blessures involontaires. Lorsque le président du tribunal, Marcel Ndigui Ndigui donne la parole au greffier pour signifier les faits qui sont reprochés à Camrail comme personne morale, son directeur général Jean Pierre Morel plaide non coupable.

Après les observations liminaires, l’ouverture de l’accusation s’est faite par l’appel de ses trois témoins. Le premier, Juste Abdon Etoundi Mvogo, 24 ans, étudiant au niveau III en Droit public à l’université de Douala, a retracé son voyage. Un voyage qui s’est déroulé dans de conditions difficiles ayant débouché sur un déraillement. « Malgré la foule, j’avais réussi à acheter un ticket à 9000 F et on m’a conduit dans l’avant-dernière voiture où le billet coûte 3000 F. Au départ de Yaoundé, l’ambiance était bon enfant. 50 minutes après le voyage, il y a eu une odeur causée par un frottement de fer.

Avant d’entrer dans le second tunnel, l’odeur s’intensifiait et au sortir de ce même tunnel, la vitesse du train était plus grande », a-t-il ajouté. Après le déraillement, la voiture dans laquelle, se trouvait la victime s’est retrouvée dans le ravin. « Ce sont les conducteurs de moto qui m’ont sorti du train », se souvient-il. Questionné sur les préjudices causés, il précise : « A l’intérieur de moi, ils sont énormes. » Le cou raide, certaines séquelles sont visibles et d’autres pas. Des propos qu’il réitère lors du contreinterrogatoire. A sa suite, Mr. Ekoka, ancien directeur du matériel à Camrail, ingénieur-mécanicien, expert et deuxième témoin a indiqué dans sa présentation en power point que le conducteur du train 152 n’avait pas respecté la limitation de vitesse à partir de la gare de Binguela. Au lieu de 40 km/h, il roulait à 57 km/h. Un excès de vitesse qui s’est poursuivi sur le tronçon Makak- Yaoundé. « Entre Makak et Yaoundé, il y a 16 collines sur 36 km et le conducteur était constamment en train de freiner en utilisant les freins direct et automatique. La cause principale était la défaillance de freinage, du matériel roulant et la mauvaise conduite », conclut-il. Des arguments qui ont été réfutés dans la cross-examination par Me Massoda, du Cabinet Nyemb, conseil des accusés et certains prévenus.

Au regard du temps qu’a duré l’audience, sept heures environ, un renvoi collectif a été sollicité par les avocats de la partie civile. Pour Me Michel Voukeng, membre du collectif des avocats de l’accusation, l’indemnisation ne peut pas être l’expédient dans cette catastrophe. Il faut connaître les causes pour que cela ne se reproduise plus. L’audience a été suspendue et sera reprise le 22 novembre prochain pour la suite des auditions des autres témoins.

 

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