37 mandats d’arrêt contre les sécessionnistes

37 mandats d’arrêt contre les sécessionnistes

Le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Belgique seront jugés sur des actes concrets et non sur des déclarations de bonne intention.

Depuis le début des troubles dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le Gouvernement a fait preuve de grande retenue et de compréhension. Les revendications corporatistes des avocats et des enseignants ont pour la plupart été examinées et solutionnées, alors que les meneurs de la grève ont brillé par leur mauvaise foi manifeste, voire par la malhonnêteté intellectuelle. Au départ, les enseignants avaient présenté huit doléances. Elles ont été solutionnées sans que le mot d’ordre de grève ne soit levé. Les avocats et les enseignants ont présenté ensuite 14 doléances. Pendant que le Gouvernement croyait tout régler, les grévistes sont passés à 22 revendications. Quand le Gouvernement a tout validé, les avocats et les enseignants ont demandé aux plénipotentiaires du Gouvernement de prendre l’engagement d’organiser un référendum sur le retour au fédéralisme de 1961.

Impensable ! Les extrémistes ont transformé la grève en un mouvement insurrectionnel armé. Les mots d’ordre irresponsables sont devenus leur sport favori, nourri par le projet irréalisable de la création du soi- disant État du Southern Cameroon. Les sécessionnistes ont recruté des milices armées pour terroriser de paisibles citoyens. Il fallait contraindre les populations par des manœuvres d’intimidation à adhérer à leur plan diabolique. Dans l’obligation de restaurer l’autorité de l’État, des mouvements clandestins plus ou moins tolérés ont été dissous par le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation.

Les principaux leaders des atrocités commises dans les deux Régions ont été interpellés. Après sept mois de détention, les élites du RDPC, les sénateurs, les députés, les chefs traditionnels et une bonne partie de la communauté internationale ont demandé au Chef de l’Etat la libération des prévenus. Les élites des deux Régions ont même laissé entendre que si les leaders sécessionnistes étaient libérés, le calme définitif reviendrait dans les deux Régions. Étaient elles naïves ou complices ? L’histoire nous le dira. Toujours est-il qu’usant de ses prérogatives constitutionnelles, le Chef de l’Etat a ordonné l’arrêt des poursuites contre les prévenus. Ayah Paul Abine, Agbor Balla et consorts ont retrouvé la liberté.

Au total, sur 65 prévenus, 59 ont été libérés. Seuls 6 dangereux bandits de grand chemin sont restés en détention. Après le geste du Chef de l’Etat, les sécessionnistes ont plutôt radicalisé leur attitude. Ils ont décidé de proclamer de manière unilatérale l’indépendance du soi- disant État du Southern Cameroon. Le 1er octobre 2017, en dépit de l’interdiction de toute manifestation publique prise par les autorités dans les deux régions. Les milices armées ont attaqué les forces de maintien de l’ordre à l’aide des armes de guerre. Les auteurs de ces actes ont été interpellés et mis hors d’état de nuire. Ayant échoué dans leur entreprise diabolique de créer l’état de Southern Cameroon, les sécessionnistes sont passés à la vitesse supérieure en commettant des actes de terrorisme. En moins d’une semaine, 04 gendarmes en service ont été froidement abattus. Des atrocités inacceptables Le Gouvernement est face désormais à une rébellion armée.

Les personnes et les groupes terroristes qui revendiquent la sécession doivent désormais être traités comme tels. Les enquêtes dans les tribunaux miliaires font état à l’heure actuelle de 8 éléments de force de sécurité froidement abattus ; 29 élèves et étudiants poignardés sur le chemin de l’école ; 10 commerçants tués ; 142 collèges, centres de santé, écoles et boutiques incendiés ; 6 commissariats de police et 5 brigades de gendarmerie vandalisés ; des édifices publics saccagés ; les emblèmes de l’État profanés. L’État doit passer à la vitesse supérieure dans le maintien de la paix pour que l’ordre soit définitivement rétabli dans les Régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest. 37 mandats d’arrêt ont été lancés contre les leaders sécessionnistes résidant au Nigéria, en Afrique du Sud, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux États-Unis. Les populations terrorisées par cette bande de voyous et d’aventuriers saluent la décision du tribunal militaire. C’est aussi un message fort que vient de lancer les pouvoirs publics : la récréation est définitivement terminée. Les coupables seront jugés et répondront des atrocités commises depuis un an. Un diplomate étranger à Yaoundé, qui a requis l’anonymat, a indiqué que le Nigéria, l’Afrique du Sud et la Belgique qui abritent les principaux leaders sécessionnistes seront jugés sur les actes concrets et non sur les déclarations de bonne intention. En clair, ces pays doivent exécuter les mandats d’arrêt lancés par la justice militaire en procédant à l’extradition de tous ceux qui sont sur la liste qui leur a été communiquée.

Le Nigéria a une dette morale envers le Cameroun. Le soutien du Cameroun au Gouvernement fédéral du Général Yakubu Gowon pendant la guerre de sécession du Biafra entre 1967 à 1970 ne doit jamais être oublié. Les ravitaillements en armes, minutions et vivres aux sécessionnistes du Biafra ont été confisqués au Cameroun. Le colonel Ojuku Emeka qui avait déclaré la guerre avait été contraint de se refugier en Côte d’Ivoire. En outre, depuis le déclenchement de la guerre contre Boko Haram, le Cameroun n’a ménagé aucun effort pour démanteler toutes les poches de résistance de ce groupe terroriste. Et le Gouvernement du Nigéria en tire grand profit. A ce jour, le Cameroun accueille pus de 210 mille réfugiés nigérians qui ont abandonné leurs localités et villages, pour s’éloigner des atrocités de Boko Haram. C’est une preuve tangible des relations de bon voisinage. Le Nigéria doit retourner l’ascenseur en exécutant les mandats d’arrêt émis par le Tribunal militaire. C’est une obligation de réciprocité. La récréation est bel et bien terminée.

A bon entendeur, salut !

René Nessah

 

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